• Lire = lien entre le langage écrit et le langage oral > comprendre que la parole est constituée de phonèmes, et qu'à ces phonèmes (oraux) correspondent des graphèmes (écrits: lettres ou groupes de lettres).

     

    I Quatre grandes activités à distinguer

    Il est important de mener simultanément des activités sur le code (= aspect technique de l'apprentissage) et sur le sens:
    - Familiarisation avec les textes écrits ou acculturation 
    - Production de textes
    - Compréhension de textes
    - Identification et production de mots (connaissance graphique et phonologique)

     

        1. Acculturation

    Acculturation = construction d'une culture. = acquisition d'une culture orale et écrite sur laquelle on pourra s'appuyer pour avoir accès à la lecture.

     

        2. Lien lire/écrire

    L'écriture va permettre d'établir des correspondances phonèmes/graphèmes. L'encodage est l'autre versant du décodage: on partira du son et dela capacité à découper un mot en différents phonèmes pour pouvoir les retranscrire à l'écrit.

    Passer de l'oral à l'écrit, encoder, permet l'acquisition orthographique et permet de  travailler le principe alphabétique.

    La syntaxe peut influer sur le décodage: "Les poules du couvent couvent" >> les deux derniers mots sont orthographiquement semblables mais se prononcent différemment selon leur place dans la phrase et donc selon la syntaxe.

    Elle va aussi permettre d'installer du sens, car les mots d'une phrase établissent des relations entre eux qui donnent un sens différent selon l'ordre dans lequel ils sont écrits: "Le garçon pousse la fille" / "La fille pousse le garçon"

     

        3. Compréhension

    Comprendre un texte, c'est être capable de repérer le thème du texte (de quoi parle le texte) et le propos (ce qu'en dit le texte). La lecture compréhension est une activité cognitive composée d'un ensemble de processus:
    - reconnaissance du mot et activation du concept sémantique (= activation du sens du mot)
    - traitement syntaxique (mise en relation des diférents mots)
    - assemblage des propositions pour constituer le sens du texte

    Comprendre un texte, c'est être capable de se construire une image mentale à partir du traitement des informations rencontrées mais aussi à partir des connaissances antérieures du lecteur.

    Le but de la lecture est de comprendre ce qu'on lit. 
    Ecole >> former des lecteurs
                    former des lecteurs autonomes qui savent lire des textes littéraires et des textes documentaires

     

        4. Identification des mots écrits 

    Pour identifier un mot, le lecteur doit relier une information visuelle (le mot écrit) à un savoir déjà acquis du fait de l'apprentissage de la parole: l'image acoustique de ce mot (représentation des phonèmes qui le constituent) et sa/ses signification(s). Deux manières d'y parvenir:

    - Identification des mots par la voie indirecte (déchiffrage): les lettres sont assemblées pour constituer des syllabes prononçables, le mot est prononcé et comparé aux mots proches dont on a déjà des images auditive dans la mémoire.

    - Identification des mots par la voir directe (lecture courante): possible que si le lecteur dispose déjà, dans sa mémoire, d'une image orthographique du mot. Le mot est quasi instantanément reconnu, à la fois visuellement, auditivement et sémantiquement.

    Pour lire, il existe deux voies d'accès: la voie directe et la voie indirecte. Le lecteur expert favorise la première alors que le débutant utilise la seconde.

     

            a. Comment les mots écrits sont-ils mémorisés?

    Lorsque le lecteur reconnaît un mot, il active les 3 secteurs suivants:
    - la représentation phonologique (sa prononciation)
    - la représentation orthographque (son aspect visuel)
    - la représentation sémantique (son sens)

    Lorsque le lecteur connaît déjà le mot, il le reconnaît visuellement, il identifie les lettres puis a accès aux représentations orthographique, sémantique et phonologique. Il peut donc le prononcer. C'est la voie directe.

    Lorsque le lecteur ne connaît pas le mot, il l'analyse, identifie les lettres et segmente le mot en graphèmes. Chaque graphème est converti en phonème puis les phonèmes sont associés, sont combinés, ce qui permettra la prononciation. c'est la voie indirecte.

    >> Plus les mots sont connus à l'oral, plus on peut activer la représentation sémantique et faciliter l'apprentissage du mot nouveau.

    >> Le stade orthographique nécessite d'être stabilisé et donc le mot nouveau doit être rencontré souvent et dans divers contextes.

     

            b. L'entrée dans le code 

    Code = capacité à établir une correspondance entre le son (phonème) et son écriture (sa transcription en graphème)

    • Principe alphabétique: pour pouvoir découpé le mot en unités sonores et les convertir en graphèmes, l'élève doit connaître la nature alphabétique de la langue > Alphabet latin = 26 lettres.
      Pour faire découvrir le principe alphabétique, il existe deux grands types d'approches:
      - celle qui part de l'oral vers l'écrit (j'entends [o], cela peut s'écrire: o, eau, au...)
      - celle qui part de l'écrit vers l'oral (je vois a, je prononce [a], mais a+u = [o]...)
    • Stade logographique: l'identification du mot est contextuelle, le mot est identifié grâce à sa typographie ou l'image/dessin qui l'accompagne, l'indice est visuel. (exemple de l'enseigne Mc Donald)
    • Stade alphabétique: pour identifier le mot, l'élève doit associer la lettre ou combinaison de lettres (graphème) au son (phonème). C'est la correspondance graphophonologique.
    • Stade orthographique = étape du lecteur expert = étape de reconnaissance globale du mot qu'on traite sans le décomposer, de façon très rapide (voie directe). Cette acquisition du principe alphabétique est aussi développé par l'écriture. Il n'est pas nécessaire d'attendre que l'enfant sache lire pour le faire écrire. L'entrée dans l'écrit facilitera également l'association graphophonologique.

     

    II Les conceptions de l'apprentissage de la lecture

    Télécharger « methodes-de-lecture.pdf »


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  • I Le discours direct

    Forme la plus fidèle de la restitution du discours cité: Madame et Monsieur Bareau dirent à leurs enfants: "vous pouvez aller jouer en étant prudent!" >> 2 séquences nettement séparées

    • plan formel
      : " " majuscule > renforce l'autonomie
      Dialogue = discours cité, discours citant > - Ma foi, je l'ai bien gagné, dit Manon.
    • plan des moyens grammaticaux
      Chacun des discours possède son propre système de repérage (temps, lieu, personne), localisation spatiale, temporelle.

     

    II Discours transposé

        1. Discours indirect

    Plus de séparation typologique, on reformule les paroles rapportées Vous m'avez dit que je suis majeure 

    Discours citant = verbe introducteur + conjonction (que) ou préposition (de)

    Discours cité inséré sour forme d'une propostion subordonnée

     

        2. Discours indirect libre

    Propos attribués de façon implicite à un locuteur mais non encadrés par des marques graphiques.
    Pas de verbe de communication, ni subordonnée. Le système verbal du discours restecte plus l'énonciation de discours du discours direct mais adapte l'énonciation du récit. Et Patrick continuait à planifier notre avenir. On habiterait chez son père...

     

    III Discours narrativisé

    Une séquence résume un discours sans restituer ni le contenu ni la forme. Il parla des heures. Il lui adressa quantité de questions sur elle et son mari. Comme on dit, d'après les journaux, selon certains. >> parenthèses ou commentaires qui établissent une distance à ce qui est dit.

     

    Liens: Télécharger « discours-rapporte.pdf »

    Exercices:  Télécharger « avindisrapp.htm » 

                       Télécharger « avindisrapp2.htm » 

                       Télécharger « discoursindirect.htm » 

                       Télécharger « discours_rapporte_exo.htm »


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  • La virgule

    Pour une transcription orale, elle marque une pause brève avec élévation de la voix.
    - elle sépare des éléments jouant le même rôle grammatical : en général, la dernière virgule disparaît et laisse place à une conjonction de coordination.
    - elle détache et met en valeur certains groupes fonctionnels (compléments circonstanciels, mots en apposition...).
    - elle permet une incise.
    - elle permet de distinguer un nom propre en fonction d'apostrophe (pour ne pas le confondre avec le complément d'objet).
    - elle signale une ellipse (un mot sous-entendu).
    - elle accentue un lien logique (par exemple un lien de conséquence) entre deux propositions, mêmes coordonnées.

    Le point
    - pour une transcription de l'oral, il marque une pause entre deux phrases.
    - il sert à marquer la fin d'une phrase.
    - dans un texte, il marque la séparation des phrases entre elles.
    - il sert pour l'abréviation des mots et pour l'abréviation des sigles.

    Les points de suspension
    Ils marquent une pause provisoire (la voix à l'oral ne retombe pas en une intonation descendante).
    - En fin de phrase : indiquent qu'une phrase n'est pas terminée, que la pensée n'est pas achevée, qu'on laisse au lecteur le soin de la poursuivre, laissent place à la méditation.
    - dans un dialogue (par exemple au théâtre), ils indiquent qu'une réplique a été brusquement interrompue ou qu'une question n'a pas obtenu de réponse.
    - à l'intérieur d'une phrase, ils montrent une hésitation, une difficulté à s'exprimer, une émotion particulière.
    - entre ( ) : ou entre [ ], ils signalent dans une citation un passage supprimé.

    Les deux points
    Ils indiquent une simple pause entre deux propositions (remplacent souvent une conjonction de coordination).
    - ils annoncent souvent une citation.
    - ils introduisent une explication de l'idée qui vient d'être formulée.
    - ils introduisent une énumération.

    Le point-virgule
    Il signale à la fin d'une proposition, une pause plus longue que celle qu'introduit le point.
    - il sépare des propositions dans une énumération, dans des étapes successives d'un récit, le cheminement d'un raisonnement, etc.
    - les membres de phrases placés après le point-virgule sont souvent elliptiques (des mots déjà présents dans le premier membre peuvent y être sous-entendus).

    Le point d'exclamation
    - à la fin d'une phrase exclamative, il traduit un sentiment (joie, colère, impatience, détresse).
    - à l'intérieur d'une phrase : après une interjection ou entre parenthèses ou il a valeur de commentaire et exprime familièrement l'ironie, l'étonnement de l'auteur.
    - en BD : il peut être doublé, triplé, accompagné d'un point d'interrogation pour marquer un étonnement marqué de joie ou de colère, etc.

    Le point d'interrogation
    - il ponctue une interrogation directe.
    - à l'intérieur d'une phrase, ils indiquent une série de questions pressantes prononcées dans un même mouvement.

    Le tiret
    Ne doit pas être confondu avec les traits d'union de mots composés.
    - il peut servir à introduire des incises.
    - il sert dans les énumérations.
    - il peut être utilisé comme ponctuation d'un dialogue.

    Les parenthèses (signe de ponctuation double)
    - elles servent à intercaler dans une phrase une indication, une explication, une remarque, un commentaire d'importance secondaire.
    - elles peuvent introduire un discours dans le discours.
    - si on ouvre une parenthèse à la place d'un autre signe de ponctuation, ce dernier sera rejeté après la seconde parenthèse (Attention : les trop longues parenthèses détruisent le rythme et nuisent à la compréhension).
    - elles servent à présenter les indications de mise en scène (les didascalies) à l'intérieur du texte écrit d'une réplique de théâtre.
    - les points de suspension entre parenthèses signalent dans une citation un passage que l'on a supprimé.
    - un nombre entre parenthèses permet le renvoi à une note de bas de page, de fin de livre ou de chapitre.

    Les guillemets (signe de ponctuation double)
    - on les utilise pour rapporter au discours direct les paroles ou la pensée d'un personnage (Attention : ces paroles doivent commencer par une majuscule et se terminer par la ponctuation d'origine).
    - dans le cas d'un dialogue, les guillemets ne sont utilisés qu'au début et à la fin du dialogue, chaque changement d'interlocuteur étant signalé par un tiret.
    - servent aussi à isoler une citation extraite d'un texte.
    - permettent aussi, comme les caractères italiques, de marquer une distance que prend celui qui écrit par rapport à un mot ou une expression jugés incorrects.

    Les crochets (signe de ponctuation double)
    - utilisés pour rétablir, dans un texte cité hors contexte, un ou plusieurs mots qui n'y étaient pas à l'origine mais qui sont nécessaires à la compréhension.
    - comme les parenthèses, les crochets complétés par des points de suspension signalent dans une citation un passage supprimé.
    - ils signalent un mot transcrit en alphabet phonétique international.

    L'astérisque (nom masculin)
    - après un mot, il faut se reporter à une note le concernant.
    - il peut également servir à tronquer un mot, un nombre (par discrétion).


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  • Télécharger « PONCTUATION.pdf »

    Télécharger « la ponctuation.doc »

    I Origine de la ponctuation

        A. La ponctuation moderne a été inventée par les imprimeurs.

    - Avant l'invention de l'imprimerie, la ponctuation était extrêmement sommaire pour ne pas dire fabtaisiste ou inexistante.
    - La ponctuation s'est développée en France au XVI° S avec l'usage de l'imprimerie.

     

        B. Existe-t-il une norme en matière de ponctuation?

    Faut-il distinguer:

    - Ponctuation nécessaire et obligatoire,comme un point à la fin de la phrase, un point d’interrogation après une interrogation directe, un point d’exclamation après une exclamation
    - Ponctuation facultative, libre relevant du choix de l'écriture, qui marque un effet de style.

     

    II Signes de ponctuation et signes d'énonciation

    L'usage courant confond ces 2 systèmes.

    - Système de ponctuation: sert dans le cadre de la phrase et du texte à permettre le fonctionnement des unités linguistiques indépendamment du locuteur qui est censé les proférer.

    - Signes d'énonciation utilisés pour signaler les discours directs. ils ont pour fonction d'identifier le locuteur, distinguer le narrateur et les personnages.

     

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    Télécharger « ponct.php »

     

    III Les fonctions de la ponctuation

        A. La ponctuation privilégie de plus en plus la langue écrite

    Système passé d'une fonction phonétique (signaler les pauses et les intonations) à une fonction logico-syntaxique.

     

        B. Fonction démarcative: délimiter les unités syntaxiques

    • fonction de nature syntaxique:
      - démarcation: permet d'identifier les unités syntaxiques à l'écrit comme à l'oral
      - pause: à l'oral > arrêt de l'émission sonore. On observe une approximation pour l'ensemble du système entre le fonctionnement oral et la correspondance du fonctionnement écrit: 
                     > unités distinctives: aux phonèmes ne correspondent qu'imparfaitement les lettres.
                     > unités significatives: aux monèmes ne correspondent qu'imparfaitement les mots.
                     > unités syntaxiques: aux unités syntaxiques ne correspondent qu'imparfaitement les groupes de mots délimités par la ponctuation (sauf pour la phrase). 
    • La démarcation permet de segmenter des unités relevant de la syntaxe, de longueur variable. Délimitation des phrases : majuscule en début de phrase, point à la fin. Démarcation interne : à l’intérieur des phrases, la ponctuation permet de délimiter des groupes syntaxiques

     

        C. Fonction syntaxique

    Identification des types de phrases

    Types obligatoires : point d’exclamation pour la phrase exclamative et point d’interrogation pour la phrase interrogative. 2 cas : soit le ? ou le ! termine une phrase dont la structure syntaxique est celle d’une interrogative ou d’une exclamative. Soit le ? ou le ! constitue la seule marque permettant d’identifier le type de phrase.

    La phrase déclarative et la phrase impérative sont terminées par un point. Les types facultatifs (négatif, passif, emphatique) ne sont signalés par aucune marque particulière.

    Identification des fonctions dans la phrase

    ·         Complément de verbe et complément de phrase : l’adverbe se rattache directement au verbe dont il est le complément, avec une marque de ponctuation entre l’adverbe et le verbe = complément de phrase.

    ·         Epithète et apposition : Les élèves malades sont restés au lit : l’adjectif épithète permet de déterminer de quels élèves il s’agit (seuls les élèves malades sont restés au lit) // Les élèves, malades, sont restés au lit : apposition qui apporte un renseignement supplémentaire sur les élèves (tous les élèves sont restés au lit parce qu’ils étaient malades)

     

        D. Fonction logico-sémantique

    Assez proche de la fonction idéographique, certains signes sont directement porteurs de sens comme les deux points peuvent être l’équivalent d’un connecteur logique marquant une relation de cause.

     

        E. Fonction idéographique

    Certains signes ( ?, !, …) peuvent être utilisés seuls dans des contextes particuliers : ils jouent le rôle d’idéogrammes. Ils peuvent être combinés entre eux, indiquent la nature des réactions de l’interlocuteur.

     

        F. Fonction stylistique

    Choix de l'écriture

     

    IV Un signe complexe par excellence, la virgule

        A. La virgule « coordonne » des éléments syntaxiquement équivalents

    Elle lie des éléments de même nature et de même fonction : des GN de même fonction, des groupes prépositionnels de même fonction, des adjectifs de même fonction, des propositions de même nature et de même fonction, des adverbes ou des conjonctions à condition qu’ils soient de même nature et de même fonction.

    Elle lie des éléments de même fonction mais de nature différente : des expansions du nom (épithètes, compléments de nom, relatives). Lorsque les éléments équivalents constituent une séquence d’au moins 3 unités, on lie généralement (mais c’est facultatif) les 2 derniers par la conjonction « et ». Les coordinations par et, ni, ou excluent en général l’emploi de la virgule : si conjonction + virgule à effet de renchérissement. Quand il y a seulement 2 termes dans une énumération, la virgule est peu utilisée (et ou ni). On insère parfois « et » ou « ou » entre 2 virgules à valeur adverbiale.

     

        B. La virgule détache des éléments syntaxiquement différents

    La virgule est l’indice de la fonction « mise en apposition ». Elle permet de distinguer complément déterminatif et apposition. Elle permet de distinguer de distinguer relative déterminative et relative appositive. La virgule permet une interprétation correcte du sens. 

    La virgule isole les mots mis en apostrophe

    La virgule isole toujours le complément de phrase.

    Dans le cadre de la proposition, la virgule peut, parfois mais assez rarement, détacher certains compléments circonstanciels.

    Dans le cadre de la phrase, on observe le même fonctionnement que dans celui de la proposition : les circonstancielles compléments de phrase sont détachées par une virgule ; les circonstancielles compléments du verbe de la principale sont rarement séparables par une virgule.

     La virgule détache les propositions incises, les propositions participiales. La virgule  signale l’ellipse d’un verbe ou d’un autre mot énoncé dans une proposition précédente.

     

        C. Les emplois interdits de la virgule

    - Pas de virgule entre le sujet et le verbe
    Pas de virgule entre le verbe et les compléments d’objet
    - Pas de virgule entre le verbe et l’attribut du sujet



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