• La construction européenne

    - Alors qu’elle ne comptait que six États en 1957, la Communauté économique européenne (CEE) puis, depuis 1992, l’Union Européenne (UE) regroupe aujourd’hui 27 pays. De nombreux autres se portent candidats ou affichent leur intention de l’être dans les prochaines années. L’UE a-t-elle vocation à englober la totalité du continent européen ?

    - Par sa dimension à la fois politique, économique et sociale et environnementale, l’UE est beaucoup plus qu’une simple zone de libre-échange. L’UE peut-elle construire des politiques communes dans de multiples domaines tout en assurant le développement de l’ensemble de ces membres ?

    - Depuis 1957, la construction européenne doit concilier élargissement et approfondissement. L’Europe à 27 peut-elle fonctionner comme l’Europe des Six ? Quelles réformes l’UE peut-elle entreprendre pour faire progresser l’intégration de ces membres ?


    Quelles significations donner aux appellations : Europe, CEE, UE ?

    L’identité de l’Europe semble aujourd’hui en cours de constitution, en réaction par rapport à l’émergence de nouvelles puissances mondiales. Initialement fondée pour mettre fin aux violents conflits qui avaient opposé, entre autres, la France et l’Allemagne, l’Europe s’est peu à peu élargie, quantitativement et qualitativement sur la base d’une prise de conscience de la nécessité de constituer face aux États-Unis au Japon et à la Chine, un ensemble organisé et capable de rivaliser économiquement et politiquement avec eux.

    La CEE ou Communauté économique européenne : est le nom donné en 1957 à la première organisation de l’Europe par le traité de Rome. Cette appellation était volontairement restrictive car elle limitait les liens entre les États à une simple coopération économique.

    L’UE ou Union Européenne : est une organisation internationale qui repose sur une construction ancienne. Elle est établie par le traité de Maastricht en 1992 et regroupe 27 états. L’UE est plus qu’une simple organisation des politiques économiques de ses États membres. Elle a pour objectif de garantir la paix, de faire disparaître la pauvreté, de renforcer la démocratie, de garantir les droits de l’homme et d’aider les pays en développement en Europe. Les deux inspirateurs de cet ensemble sont Jean Monnet, Commissaire au plan et Robert Schuman, Ministre des Affaires étrangères. L’UE est devenue un véritable acteur de l’aménagement du territoire : (création du FEDER en 1974), l’instauration d’une politique régionale européenne de rééquilibrage au profit des régions en retard de développement en 1988, et enfin par la création du SDEC (Schéma de Développement de l’Espace Communautaire) en 1999.

    La construction européenne résulte d’une volonté continue initiée par des états européens dès le lendemain de la Seconde guerre mondiale.

    Deux processus concomitants sont à préciser tout au long des différentes étapes de la construction européenne :

    - un processus délargissement par l’adhésion de nouveaux pays aux traités et accords qui se succèdent depuis cette date,

    - un processus dintégration (ou d’approfondissement) par l’adoption de lois et de pratiques communautaires.

    Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, il s’agit pour six états européens (République fédérale

    d’Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg) de redéfinir des relations autour de

    valeurs communes dans un espace commun. Ils peuvent être considérés comme les fondateurs de la construction européenne. Pour ce faire, ils mettent en place une première instance, le Conseil de l’Europe dès 1949. Celui-ci adopte en 1955 le premier symbole européen : le drapeau bleu azur comportant en son centre un cercle de douze étoiles d’or. Dans cette démarche, il faut citer les français Jean Monnet et Robert Schumann, l’allemand Konrad Adenauer, l’italien Alcide De Gasperi.


    I –  Une construction d’abord économique et financière, reposant sur des valeurs communes : 1957-1972. 

    • La reconstruction de l’Europe dévastée par la guerre passe aussi par des accords économiques. La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) décidée par les Six, en 1951, a constitué une première gestion commune des industries lourdes du charbon et acier. Elle inaugure une suite d’accords qui veulent renforcer la coopération économique et financière et faciliter les échanges.
    • L’étape la plus importante en est la signature à Rome des traités instituant la Communauté économique européenne (CEE) visant un espace économique intégré de libre-échange par la suppression des droits de douane et d’uniformisation des droits de douane sur les produits importés (effectives en 1968) et la mise en place d’une politique agricole commune (PAC, effective en 1962), donnant aux Etats membres un contrôle commun de la production alimentaire. Les prix agricoles sont uniformisés dans l’ensemble de la Communauté, la CEE couvre seule ses besoins alimentaires et s’assure que les agriculteurs ont un revenu décent. D’autre part, la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom) est créée en 1957 qui a pour objectif de coordonner la recherche autour de l’énergie nucléaire, afin de diminuer la dépendance énergétique de la CEE.

     

    II – Les nouveaux enjeux de l’élargissement de la Communauté européenne : 1973-1991.

    • L’entrée de nouveaux états, après de très longues procédures, au sein de la Communauté à partir de 1973 (Danemark, Royaume-Uni, Irlande), puis en 1981 (Grèce) et en 1986 (Portugal, Espagne) portant à 12 les états-membres, exige une attention particulière à des économies nationales hétérogènes. Les questions du développement régional au sein de l’espace européen et de la stabilité monétaire des états membres trouvent des réponses dans deux accords essentiels : le Fonds européen de développement régional (FEDER 1974) qui facilite le transfert de ressources financières des régions riches vers les régions pauvres et la création du système monétaire européen (SME 1979).
    • Dans le même temps des besoins de démocratie s’expriment au sein de la Communauté qui retrouve la vocation politique de ses pères fondateurs. Deux décisions y répondent : l’adoption du suffrage universel pour élire le Parlement européen en 1979 (même si celui-ci ne dispose pas d’un pouvoir législatif complet) et la libre circulation des citoyens entre les états-membres à partir de 1995 (accords de Schengen 1985). L’ensemble des mesures prises sont synthétisées dans l’Acte Unique européen de 1986 qui jette les bases d’un fonctionnement renforcé des instances de gouvernance européenne – notamment institutionnelles et monétaire-et de coopération entre les états-membres. L’hymne européen (Hymne à la Joie de Beethoven) est adopté de manière définitive la même année. Un programme européen d’échanges d’étudiants « Erasmus » voit le jour dès 1987.

     

    III – L’Union européenne : une intégration renforcée et un élargissement difficiles à mettre en œuvre (1992-2009)

    • L’effondrement progressif du bloc soviétique à partir de 1989 crée pour la CEE un nouveau contexte dans les relations intra-européennes. Comment accueillir les européens issus de ce bloc ? Par la signature du traité de Maastricht en 1992, la CEE franchit une étape importante en établissant des règles claires pour sa future monnaie unique, sa politique étrangère et de sécurité, ainsi que le renforcement de la coopération en matière de justice et d’affaires intérieures (les « trois piliers ») en se préparant à un élargissement considérable. La "Communauté européenne" laisse officiellement la place à "l’Union européenne".
    • De façon significative, dans cette période, l’UE admet en son sein trois états « neutres », mais frontaliers de l’ancien bloc soviétique : l’Autriche, la Finlande et la Suède (1995) prélude à d’autres entrées. Le Marché Unique et ses quatre libertés entre en application en 1993 : la libre circulation des marchandises, des services, des personnes et des capitaux. La monnaie unique (l’Euro) est créée en 1999 pour un usage en 2002, mais pour douze états de l’Union seulement.
    • L’élargissement se poursuit par l’adhésion de pays de l’ex-bloc soviétique (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie et Slovénie) ou non (Chypre, Malte) en 2004 et en 2007 (Bulgarie, Roumanie) portant à 27 le nombre des états-membres. L’élargissement entraîne une profonde réflexion sur un premier projet de « constitution européenne » qui est rejeté par les électeurs de France et des Pays-Bas en 2005. L’essentiel s’en retrouve néanmoins dans le traité de Lisbonne (2007) qualifié de « traité institutionnel » désormais ratifié par chaque état membre, et en vigueur depuis le 1er décembre 2009. Le traité redéfinit les compétences de niveau national et de niveau supra national, clarifie les modes de prise de décision au sein du Conseil européen par un système majoritaire. Le Conseil européen est doté d’un président pour deux ans et demi et d’un Haut représentant pour les Affaires étrangères pour la même durée. La représentation des populations des états-membres au sein du parlement est aussi redéfinie de façon plus équilibrée.

     

    Union européenne

     

     


    Au lendemain de la guerre, la crainte majeure de beaucoup d’Européens était de voir renaître les antagonismes violents qui avaient provoqué les deux conflits franco-allemands entraînant deux guerres mondiales dévastatrices.

    La reconstruction de l’Europe et la reconstitution de ses économies à l’identique pouvaient, si rien n’était structurellement modifié, conduire à nouveau aux mêmes résultats désastreux. C’est ce raisonnement, dans le contexte de la Guerre froide, qui a conduit quelques hommes politique à imaginer une Europe où l’imbrication des industries et le rapprochement des politiques économiques française et allemande au sein d’une organisation commune rendraient la guerre impossible parce qu’absolument inutile.

    Quel est le bilan de l’Union ?

    - L’Union a permis la mise en place d’un espace de libre circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux (espace Schengen, Erasmus pour la mobilité des étudiants, des stages sont proposés aux PE2 dans le cadre de leur formation).

    - La monnaie unique s’est imposée dans les échanges internationaux même si la croissance européenne reste inférieure à celle des É-U.

    - En l’espace de 50 ans, on est passé d’une « petite » Europe à une UE à 27. L’Union apparaît pour les pays nouvellement  intégrés comme une structure solide et susceptible de favoriser l’arrivée des investissements étrangers. Ces élargissements suscitent néanmoins l’inquiétude (les anciens adhérents redoutent eux les délocalisations, les concurrences et le coût à supporter).

    Quelles sont les questions actuelles ?

    - parvenir à intégrer parfaitement les 12 nouveaux pays.

    - se prononcer clairement sur le thème de la candidature de la Turquie (dont les premières discussions remontent en 1963). Istanbul, le pôle économique se situe en Europe (sur la rive nord du détroit du Bosphore) tandis que la majeure partie du territoire turc y compris sa capitale Ankara se situe en Asie. Les opposants à la candidature de l’entrée à la Turquie dans l’UE font valoir sa situation géographique non européenne ainsi que ses différences culturelles et religieuses, tandis que ses partisans en font un trait d’union entre les cultures européenne et musulmane.

    - Poursuivre la réflexion engagée sur les thèmes de l’Europe politique et de l’Europe sociale

    - La question des limites de l’extension de l’UE reste posée, sa construction n’est pas achevée.

     

    Lien: http://histoiregeocrpe.over-blog.com/article-la-construction-europeenne-69189891.html


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