• Installation de la démocratie et de la République

    Construction de la République: aventure longue et tumultueuse.
    De 1815 à 1914, la France connaît une succession de régimes politiques qui sont une étape dans la conquête des libertés. La mise en place définitive de la république n'intervient que dans le dernier quart de siècle avec la III° République.

     

    I La monarchie constitutionnelle

        1. La restauration (1815-1830)

     Les deux frères de Louis XVI. Louis XVIII et Charles X se succèdent sur le trône mais pas de retour à l'Ancien Régime.
    1814: Louis XVIII octroie une charte constitutionnelle dans le but de réconcilier adversaires et partisans de la Révolution. Charles X n'a pas la même habileté et le durcissement du régime provoque la Révolution de juillet, 1830, les 3 Glorieuses qui l'obligent à abdiquer.

     

        2. La monarchie de Juillet (1830-1848)

    Avec Louis-Philippe 1er  à sa tête, le régime est plus libéral car il accorde le droit de vote à un plus grand nombre de français et adopte le drapeau tricolore. L'enseignement primaire reçoit un commencement d'organisation avec la loi Guizot 1833. La presse élargit son influence. La première agence de presse est créée avec un bureau de traduction des nouvelles en provenance de l'étranger.
    A partir de 1846, la situation économique se dégrade et les aspirations à la démocratie progressent. La Révolution de 1848 met brutalement fin au régime monarchique.

     

    II La II° République (1848-1852)

    • Proclamée en février 1848, elle se veut une République sociale.
      Les mesures rpises: instauration du suffrage universel masculin, abolition de l'esclavage dans les colonies après l'abdication du roi Louis-Philippe >> progression considérable de la citoyenneté politique et sociale.
    • Mais l'espoir d'une république égalitaire et fraternelle est de courte durée. La dissolution des ateleirs nationaux le 21 juin 1848 et le durcissement de la crise économique plongent Paris dans la guerre civile, et sont à l'origine des sanglantes journées de juin 1848.
      Le 23 juin parès soulèvement des ouvriers parisiens, l'Assemblée décrète l'état de siége et attribue les pleins pouvoirs au ministre de la guerre, Général Cavaignac, qui noie la révolte dans le sang.
      Ces journées  conduisent le régime à une évolution conservatrice et marquent la rupture entre le monde ouvrier et les élites républicaines ainsi que la fin de la République sociale.
    • Le 10 décembre 1848, Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon 1er, devient Président de la République. Après son élection, il gouverne par décret: 27000 opposants sont jugés par des commissions spéciales. 10000 sont condamnés à la déportation et 1500 sont bannis (Victor Hugo, Edgar Quinet). Profitant de son plébiscite de novembre 1851, Louis Napoléon renverse facilement le régime lors du coup d'Etat le 2 décembre 1851 et proclame l'empire l'année suivante.

     

    III Le Second Empire (1852-1870)


    • La première période (1852-1860) est autoritaire. Louis Napoléon Bonaparte, devenu empereur sous le nom de Napoléon III, soutenu par l'opinion, remporte des succés extérieurs comme lors de la construction de l'unité italienne où son appui à cette dernière lui vaut le rattachement de Nice + Savoie à La France.
    • La seconde période (1860-1870) est libérale. Napoléon III doit prendre en conte l'opposition républicaine et procéder à des ouvertures sur le plan politique par un dialogue avec les élus et un dialogue social. La libéralisation du régime ne suffit pas à satisfaire l'opposition républicaine qui réclame plus de libertés.
    • L'empire s'effondre après la défaite de Sedan contre la Prusse en 1870. La République est proclamée le 4 septembre 1870.

     

    IV La III° République (1870-1914)

        1. Les débuts difficiles de la III° République

    • Le gouvernement de Défense nationale, composé de députés républicains de Paris, signe l'armistice avec la Prusse le 18 janvier 1871. Sous la pression de Bismarck, qui souhaite un véritable interlocuteur lors du traité de paix, des élections ont lieu le 8 décembre 1871 à l'Assemblée nationale. Les monarchistes l'emportent. Thiers, désigné comme chef du pouvoir exécutif de la République française, signe le 10 mai 1871 le traité de Francfort qui cède l'Alsace et la Lorraine à l'Allemagne.
    • Les parisiens qui ont beaucoup souffert de la guerre durant l'hiver 1870-1871 considèrent la capitulation comme une trahison et rejettent la responsabilité de la défaite sur les membres du gouvernement provisoire et sur les chefs militaires. Le peuple s'empare de la capitale et le gouvernement de Thiers se retire à Versailles où l'Assemblée nationale siège. 
      Pendant quelques semaines, l'insurrection s'organise en désignant les membres du Conseil de la Commune et en décrétant les mesures sociales et démocratiques. Thiers ne veut pas engager de discution avec les Communards et coupe la ville de ses communications avec l'extérieur. 21-28 mai = semaine sanglante >> des troupes de Versailles pénètrent dans Paris assiégé et exécutent les combattants. La répression est impitoyable.
    • Après la chute de Thiers en mai 1873, une république parlementaire est instaurée en raison de division entre les royalistes et de leur intransigeance.
      La III° République s'organise sur le plan politique avec les lois constitutionnelles de 1875 qui fixent les nouvelles institutions politiques du pays. Les Républicains conquièrent peu à peu les électeurs et en quelques années. la France s'affirme Républicaine.

     

        2. Les grandes lois républicaines

     La défaite de 1870 face à la Prusse provoque en France une grave crise de conscience qui est en partie à l'origine des grandes lois républicaines.

    lois constitutionnelles 1875

     

    • L'oeuvre scolaire de la III° République demeure sa réalisation essentielle. Pour des raisons philosophiques, culturelles, religieuses, les Républicains se sont attachés à développer l'enseignement primaire et à donner à l'ensemble de l'enseignement un esprit nouveau.
      Les conséquences des lois sont essentielles: l'analphabétisme a presque disparu en 1912. Moyen de promotion notamment pour la paysannerie, l'acole contribue à la mobilité sociale. Les instituteurs, les "hussards noirs", enracinent dans le pays les idées républicaines et affermissent le patrimoine des jeunes français.
    • Les républicains estiment que le sort de la patrie doit reposer sur tous et prônent l'instauration du service militaire universel légal de courte durée. Plusieurs lois font du service militaire, personnel, obligatoire et égal pour tous en durée.
      Service militaire + école = facteur de cohésion sociale et d'intégration nationale.
      Les lois sur la liberté de réunion, d'expression et de presse, d'association complètent ces mesures et font accepter la République par la grande majorité des français.
    •  La loi sur la séparation des Eglises et de l'Etat de 1905 instaure la laïcité de l'Etat et s'inscrit dans une évolution commencée depuis la Révoltion Française et qui s'est accélérée avec la III° République.
      En effet, à partir de 1879, les républicains mènent une politique anticléricale. La loi de 1884 rétablit le divorce (supprimé en 1816); 1880, les écoles appartenant à des congrégations religieuses non autorisées, comme celles des Jésuites, sont fermées.
      1881-1882 La III° République instaure l'école laïque et laïcise les programmes. Le personnel enseignant est laïcisé en 1886.

     

       3. Les crises de la République

    •  La III° République doit faire face à des crises graves mais elle en tire parti pour meiux définir les valeurs civiques et morales des droits de l'homme et de justice.
      A partir de 1885, une série d'intrigues, scandales, instabilité ministérielle détériore la vie politique et développe un courant d'antiparlementarisme.
    • A partir de 1894, l'Affaire Dreyfus mobilise l'opinion. Révélatrice d'un contexte de crise dans lequel s'exacerbent les instincts xénophobes, elle est au début une banale affaire d'espionnage. Elle va diviser les français en opposant la gauche et la droite sur un problème fondamental: "Faut-il laisser condamner un innocent au nom de la raison d'Etat et de l'autorité des chefs militaires?" ou "Les droits de la personne sont-ils supérieurs à toute autre considération?" Les divisions entraînent des polémiques, des discussions violentes, des batailles de rues. La publication de la lettre de Zola "J'accuse" est le point de départ de la mobilisation des "intellectuels". En divisant l'opinion et en accentuant le clivage Droite/Gauche, l'affaire Dreyfus marque pour longtemps la vie politique française.

    J'accuse

     

    • Autour de 1900, le régime républicain atteint une sorte d'apogée. La France de la belle époque exporte dans le monde entier son image de nation modèle que reflètent les expositions universelles qui se tiennes à Paris en 1889 et 1890. L'engagement des français lors de la déclaration de guerre de 1914 montre que la III° République a su unir la nation autour de valeurs communes.

     

    Liens: Télécharger « fiche.Jules Ferry et l'école gratuite, laïque et obligatoire »

               Télécharger « fiche.Loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat 1905 »


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